Soy de Cuba
par Mikhaïl Kalatozov (1964)

Récompensé d'une Palme d'Or à Cannes en 1958 pour son film "Quand passent les cigognes", Mikhaïl Kalatozov réalise en 1964 un chef d'oeuvre sur la révolution cubaine, Soy Cuba. Interdit dans les cinémas américains pendant la guerre froide, Soy Cuba est exhumé au Festival de Telluride en 1992.
Redécouvert au Festival de San Francisco en 1993 par Martin Scorsese et Francis Ford Coppola, les deux cinéastes unissent leurs efforts pour trouver au film une sortie américaine.

Film de propagande communiste commandé par l'administration Kroutchev, Soy Cuba décrit A travers quatre histoires la lente évolution de Cuba, du régime de Batista jusqu'à la révolution de Fidel Castro.
Quatre récits qui renforcent l'idéal communisteface à la mainmise du capitalisme. Tout au long de ces épisodes, Cuba se libère de ses dépendances politiques pour affirmer son identité, singulière et autonome, avec ses contradictions et ses espérances.


Une jeune femme est obligée de se prostituer pour survivre à La Havane...

Pedro travaille dans les champs de cannes à sucre. Au moment d'une récolte qui s'annonce fructueuse, le propriétaire des terres lui annonce que sa maison et des terres ont été vendues à une société américaine...

A l'université de La Havane, Enrique fait partie d'un jeune groupe d'opposants au régime de Batista. Il s'apprête à assassiner un policier, mais au moment fatidique, le courage lui fait défaut...

Dans la Sierra Maestra, Mario et sa famille vivent pauvrement. Après avoir accueilli un jeune soldat luttant aux côtés de Castro, Mario et sa famille sont bombardés sans raison apparente par les forces aériennes de Batista...


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Comme l'a fait remarquer à juste titre Martin Scorsese lors d'une interview, il faut mettre de côté l'aspect propagande du film et se focaliser uniquement sur son tour de force visuel et technique. En effet, Kalatozov se sert de son sujet prétexte pour donner libre cours à sa poésie et à son amour de l'outil cinématographique, et raconte son histoire uniquement par l'image et les mouvements de caméra. Ces derniers, totalement incroyables pour l'époque, alternent les plans-séquences caméra à l'épaule (sans aucune secousse, et plus de dix ans avant l'invention de la steadicam), et les grands angles vertigineux.
Soy Cuba constitue donc une oeuvre maîtresse dans l'histoire du cinéma, une véritable claque visuelle, plus de 45 ans après, un tour de force technique en même temps qu'une déclaration d'amour aux petites gens, empreinte de poésie et d'humanisme.

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Une guajira